GRÈCE - Actualité (1990-1996)


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République hellénique

Politique intérieure

Le 8 avril 1990, la droite remporte les élections législatives. La Nouvelle Démocratie (N.D., conservateur) manque d’un siège la majorité absolue, avec 150 élus (+ 2) et près de 47 p. 100 des voix (+ 0,75 p. 100). La gauche obtient 146 sièges dont 123 pour le Mouvement socialiste panhellénique (P.A.S.O.K.; 38,61 p. 100 des voix; – 2,7 p. 100) et 19 sièges (– 2) pour la Coalition de la gauche et du progrès (10,23 p. 100 des voix; – 0,74 p. 100). Un petit parti de centre droit, le D.I.A.N.A., obtient 1 siège. Le président de la République, Christos Sartzétakis, charge Constantin Mitsotakis (N.D.) de former le nouveau gouvernement qui entre en fonctions le 11.

Le 4 mai, Constantin Caramanlis, 83 ans, est élu président de la République par le Parlement.

Les 14 et 21 octobre, victoire des conservateurs aux élections municipales. Le candidat de la N.D., Antonis Tritsis, remporte la mairie d’Athènes avec 50,15 p. 100 des voix contre 45,94 p. 100 à la candidate de la gauche unie, l’actrice Mélina Mercouri.

Le 28 décembre, le gouvernement conservateur de Constantin Mitsotakis annonce la prochaine libération des chefs de la junte militaire responsables de la dictature de 1967 à 1974. Cette nouvelle provoque un tollé général. Le gouvernement revient sur sa décision le 30, afin de ne pas permettre à l’opposition d’exploiter, explique le porte-parole, une décision purement «humanitaire».

Le 10 octobre 1993 se déroulent des élections législatives anticipées. Le P.A.S.O.K. d’Andréas Papandréou les remporte avec 46,9 p. 100 des voix et 170 sièges sur 300. La N.D. marque un net recul avec 39,4 p. 100 des suffrages et 111 élus. Formation dissidente de la N.D., le nouveau parti Printemps politique (nationaliste) de l’ancien ministre Antonis Samaras obtient 4,9 p. 100 des voix et 10 sièges, suivi par le Parti communiste grec avec 4,5 p. 100 des voix et 9 élus. La Coalition de la gauche et du progrès n’est pas représentée. Le 25, le Parlement accorde sa confiance au gouvernement formé par Andréas Papandréou, qui a présenté le 23 un programme axé sur la «fortification de l’hellénisme» et de la restauration de l’État-providence.

Le 6 mars 1994, décès de Mélina Mercouri, qui avait été ministre de la Culture de 1981 à 1989 et avait retrouvé son portefeuille en octobre 1993.

Le 8 mars 1995, le Parlement élit Costis Stéphanopoulos à la présidence de la République, poste honorifique, en remplacement de Constantin Caramanlis. Candidat du Printemps politique, le parti nationaliste d’Antonis Samaras, il disposait du soutien du P.A.S.O.K. Il était opposé au candidat conservateur Athanase Tsaldaris.

En septembre, le Premier ministre Andréas Papandréou, qui est âgé, malade et contesté par les courants rénovateurs de son parti, procède à un remaniement ministériel destiné à resserrer les rangs autour de sa personne.

Le 15 janvier 1996, Andréas Papandréou, hospitalisé depuis novembre 1995, annonce sa démission. Le 18, le groupe parlementaire socialiste élit à la tête du gouvernement Costas Simitis, chef de file du courant rénovateur et européen du P.A.S.O.K.

Le 23 juin, décès d’Andréas Papandréou. Costas Simitis prend la tête du P.A.S.O.K.

Le 22 septembre, le P.A.S.O.K. remporte les élections législatives anticipées convoquées en août. Il obtient 41,5 p. 100 des suffrages et 162 sièges sur 300, contre 38,1 p. 100 des voix et 108 sièges pour la N.D. Le Parti communiste devient la troisième formation représentée, avec 5,6 p. 100 des suffrages et 11 députés. La Coalition de la gauche et du progrès obtient 10 élus et le Mouvement populaire démocratique (populiste), 9. Le Printemps politique n’est plus représenté.

Vie économique

Le 24 avril 1990, Constantin Mitsotakis propose des mesures d’austérité pour faire face à une situation économique catastrophique. Pour lutter contre le déficit des dépenses publiques, l’inflation et l’augmentation de la dette publique, il annonce la fin de l’indexation des salaires sur les prix, la création d’impôts nouveaux et de sévères réductions de dépenses. Ce programme obtient l’approbation du Parlement le 26 avril. La privatisation de 28 sociétés, nationalisées pour la plupart par les socialistes entre 1981 et 1989, est annoncée le 20 mai. En juin, une refonte du Code des investissements prévoit notamment la fin du monopole d’État sur les télécommunications. Le projet de réforme de la Sécurité sociale donne lieu à des grèves qui paralysent le pays en septembre. Le 1er octobre, le Parlement, parmi d’autres mesures, relève de 5 ans l’âge minimal pour le droit à la retraite.

Le gouvernement ne parvient pas, en 1991, à se conformer aux objectifs que la Communauté européenne lui a assignés comme conditions du prêt de 2,2 milliards d’écus accepté en février. L’échec est dû à l’incapacité du gouvernement à réduire les déficits des entreprises publiques, à lancer le programme de privatisations et à lutter efficacement contre l’évasion fiscale.

Le gouvernement adopte en avril 1992 de sérieuses mesures d’ajustement structurel, afin de se conformer, avant le 1er janvier 1997, aux critères de convergence prévus par le traité de Maastricht. Le plan prévoit notamment un gel des retraites (1993-1996) et la suppression de 20 000 emplois dans la fonction publique en 1993 et 1994. Les augmentations de salaires doivent être rapidement inférieures au taux d’inflation prévu. Les prix sont libérés le 13 mai.

En 1993, Constantin Mitsotakis perd les élections pour avoir failli à ses promesses: l’économie n’a pas rattrapé son retard européen, la fraude fiscale demeure généralisée dans certaines classes de la société, la fonction publique est toujours pléthorique et les privatisations embryonnaires. Dès son retour au pouvoir, Andréas Papandréou annule les privatisations décidées par son prédécesseur et cherche à rassurer. Le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Gennimatas, jouit de l’estime des milieux d’affaires. Le 26 octobre, il promet de revenir à un taux d’inflation à 1 chiffre. Le déficit budgétaire de 1993 sera financé par l’emprunt. Les privatisations ne sont pas exclues, mais se limiteront à 15 ou 20 p. 100 des entreprises d’État concernées. Une «drachme forte» sera au centre de la politique monétaire et aucune promesse n’est faite aux salariés du secteur public. Les pertes subies par la Grèce en raison de la guerre en Bosnie sont évaluées par Athènes à 2,6 milliards de dollars.

En 1994, l’économie grecque continue à pâtir de la lenteur du gouvernement à appliquer les mesures d’assainissement des finances publiques. Le 21 juin, le gouvernement adopte un plan de 5 ans visant à satisfaire aux critères de convergence en vue de participer à l’Union économique et monétaire. Il n’estime toutefois pas possible de ramener la dette publique de 106 à 60 p. 100 du P.I.B. dans les délais imposés. Mais l’État ne parvient pas à mettre en œuvre les programmes de grands travaux financés par l’Union européenne; il entretient toujours une administration pléthorique et il continue à effacer les dettes des coopératives agricoles et à subventionner les entreprises déficitaires.

En 1995, à partir d’avril, la Grèce renoue avec un taux d’inflation à 1 chiffre, pour la première fois depuis 22 ans. L’assouplissement de la politique monétaire qui en découle favorise le financement des investissements du secteur privé. La stagnation des exportations et le faible accroissement de la consommation des ménages dû à la poursuite d’une politique d’austérité expliquent la faiblesse de l’expansion économique qui contribue au maintien d’un fort taux de chômage. Le déficit des finances publiques et le montant de la dette restent élevés. L’application d’une réforme fiscale visant à imposer des catégories sociales qui échappaient jusque-là à l’impôt – comme les professions libérales, les riches agriculteurs ou les commerçants – doit contribuer à augmenter de 18 p. 100 les recettes fiscales.

En 1996, année de transition, l’arrivée au pouvoir de Costas Simitis se traduit par une inflexion de la politique économique du pays, tout entière tournée vers la satisfaction des critères de convergence fixés par le traité de Maastricht. La politique de la «drachme forte» et la réduction du déficit public deviennent les priorités du gouvernement. Le programme de privatisations n’est toutefois pas engagé, et l’inflation se maintient à un taux relativement élevé.

Relations internationales

Du 18 au 20 juillet 1991, George Bush effectue la première visite officielle d’un chef d’État américain en Grèce depuis 1959.

Le 7 février 1992, les ministres des Affaires étrangères et des Finances des Douze signent le traité dit de Maastricht conclu le 10 décembre 1991, qui institue l’Union européenne. Le texte doit ensuite être ratifié par les États signataires.

Le 14 mai 1993, visite de François Mitterrand à Athènes, au moment où la Grèce se trouve isolée en Europe en raison de ses positions favorables à la Serbie et de sa querelle avec Skopje à propos de l’héritage macédonien. Le président français constate des «zones de convergence importantes» avec ses hôtes sur le dossier des Balkans.

Le 25 juin, les autorités albanaises expulsent un prêtre orthodoxe grec accusé de se livrer à un activisme nationaliste dans le sud du pays peuplé d’une forte minorité grecque et que les nationalistes grecs appellent l’Épire du Nord. Le 26, le gouvernement grec commence à reconduire massivement à la frontière des travailleurs albanais (ils seront 23 000 expulsés au total). Le 30, la tension s’aggrave entre les 2 pays quand des affrontements opposent forces de l’ordre et membres de la communauté grecque dans le sud de l’Albanie, tandis qu’en Grèce des policiers tuent un Albanais qui résistait à son expulsion.

Le 8 juillet, le gouvernement grec rappelle qu’il n’exprime aucune revendication territoriale sur l’Épire.

En janvier 1994, Athènes prend la présidence de l’Union européenne.

Le 16 février, Athènes décide de fermer son consulat à Skopje et d’interdire tout approvisionnement de la Macédoine à partir de son territoire. La Grèce accuse l’ancienne République yougoslave, indépendante depuis septembre 1991, d’usurper un nom et un drapeau qui appartiennent à l’héritage hellénique et de posséder une Constitution qui renferme des clauses «irrédentistes». Ce blocus décrété par la Grèce est dénoncé par ses 11 partenaires européens qui avaient déjà critiqué la décision d’Athènes de se dissocier de l’ultimatum adressé par l’O.T.A.N. aux Serbes de Bosnie le 9. La crise helléno-macédonienne provoque une vague nationaliste sans précédent en Grèce.

Le 10 avril, l’attaque d’une base militaire albanaise proche de la frontière grecque par un commando armé, qui fait 2 morts, est revendiquée par un groupe ultranationaliste grec, le Front de libération de l’Épire du Nord. Le 19, 15 membres de la communauté grecque sont arrêtés en Albanie.

Le 12 juin, lors des élections européennes, le P.A.S.O.K. maintient sa position de premier parti du pays en remportant 37,64 p. 100 des suffrages et 10 sièges sur 25. Avec 32,66 p. 100 des voix et 9 élus, les conservateurs sont en recul. Les nationalistes du Printemps politique font leur entrée au Parlement de Strasbourg avec 8,65 p. 100 des suffrages et 2 députés. Avec respectivement 6,29 p. 100 et 6,25 p. 100 des voix, les communistes et la coalition de gauche obtiennent 4 représentants.

Le 7 septembre, la justice de Tirana condamne à des peines de prison, pour espionnage, 5 membres de l’organisation Omonia qui représente la communauté grecque d’Albanie. Durant le procès, Athènes expulse quelque 30 000 travailleurs clandestins albanais. Le 24 décembre, le président albanais Sali Berisha gracie 1 des condamnés grecs et accorde des remises de peine aux 4 autres, en contrepartie de la décision d’Athènes de ne plus s’opposer à l’octroi d’une aide communautaire à Tirana.

Le 6 mars 1995, la levée du veto grec permet la signature d’un accord douanier entre l’Union européenne et la Turquie, qui entrera en vigueur le 1er janvier 1996.

Le 13 septembre, la Grèce et la Macédoine concluent, au siège new-yorkais de l’O.N.U. et sous l’égide des États-Unis, un accord de règlement partiel de leur différend qui prévoit la levée de l’embargo grec en contrepartie de la modification par Skopje de son drapeau national et de la suppression des clauses controversées de la Constitution. La question du nom officiel de la Macédoine est laissée en suspens. L’embargo est effectivement levé le 14 octobre.

Le 31 janvier 1996, la Grèce et la Turquie acceptent, sous la pression des États-Unis, de retirer les navires et les troupes qu’elles avaient dépêchés autour de l’îlot d’Imia, en mer Égée, où la contestation par Ankara de la souveraineté d’Athènes sur cet îlot avait provoqué un regain de tension entre les 2 pays.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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